Anthropic refuse de supprimer deux restrictions sur l'utilisation de son IA par l'armée, dans un conflit qui a conduit Trump à ordonner sa suppression de toutes les agences fédérales et OpenAI à conclure un accord alternatif avec le Pentagone.
Le conflit trouve son origine dans la stratégie d'IA du Département de la Guerre publiée en janvier 2026, qui imposait à tous les fournisseurs d'IA d'accepter une clause d'"utilisation légale illimitée" dans leurs contrats. Le document, signé par le secrétaire Pete Hegseth, stipulait que l'armée devait utiliser des modèles exempts de restrictions susceptibles de limiter les applications militaires.
C'est dans ce contexte qu'a éclaté l'affrontement avec Anthropic, la première entreprise d'IA à avoir déployé des modèles dans les réseaux classifiés du gouvernement américain depuis juin 2024. Le PDG Dario Amodei a publié le 26 février une déclaration rejetant deux restrictions : l'utilisation de Claude pour la surveillance de masse des citoyens — qu'il considère comme une violation des droits fondamentaux — et pour les armes entièrement autonomes, arguant que les modèles actuels ne sont pas suffisamment fiables pour fonctionner sans supervision humaine, ce qui mettrait en danger soldats et civils.
Le Département de la Guerre a répondu en menaçant de classer Anthropic comme "risque pour la chaîne d'approvisionnement", une désignation historiquement réservée aux adversaires des États-Unis. Le 27 février, Hegseth a annoncé sur X qu'il franchirait cette étape, et Anthropic a répondu qu'elle contesterait la décision en justice.
La tension a suscité une réponse au sein même du secteur technologique : des centaines d'employés de Google et d'OpenAI ont signé une lettre ouverte, publiée sur notdivided.org, demandant à leurs dirigeants de maintenir leur refus des demandes du Département de la Guerre d'utiliser leurs modèles pour la surveillance de masse et les systèmes d'armes autonomes sans supervision humaine.
Ce même jour, Trump a publié un message sur Truth Social ordonnant à toutes les agences fédérales de cesser immédiatement d'utiliser la technologie d'Anthropic, avec une période de transition de six mois pour le Département de la Guerre, et a averti de possibles conséquences civiles et pénales si l'entreprise ne coopère pas pendant la transition.
Dans ce contexte, OpenAI a conclu le 28 février un accord avec le Pentagone qui inclut explicitement les mêmes restrictions qu'Anthropic réclamait, plus une troisième : l'interdiction d'utiliser ses systèmes pour des décisions automatisées à fort impact. Dans le cadre de l'accord, OpenAI a demandé au gouvernement d'offrir les mêmes conditions à d'autres laboratoires et de résoudre le conflit avec Anthropic, dans une tentative d'apaiser les tensions entre l'industrie et le gouvernement.
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